Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les Echevins,
Mesdames et Messieurs les Conseillers communaux,
Monsieur le Secrétaire communal,
Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs,
Très chers concitoyens namurois
Le groupe socialiste du Conseil communal de Namur tient, en ce début de nouvelle législature, à tracer les grandes lignes du travail démocratique d’opposition qu’il entend mener ces prochains mois.
C’est par ma voix de toute jeune conseillère communale – impressionnée bien sûr - mais je constate avec plaisir que je suis loin d’être la seule à vivre ce soir mon premier conseil communal. C’est par ma voix donc, que les quinze Conseillers socialistes ont tenu à s’exprimer de manière tout particulièrement symbolique.
Extrêmement symbolique, parce que si c’est mon tout premier conseil communal, j’ai bien en mémoire les solides réalisations et l’héritage de 30 ans de gestion communale auxquels les socialistes ont participé.
Trente années qui ont fait de Namur non seulement la capitale de la Wallonie/, mais aussi / un pôle de commerce/, d’enseignement/, d’innovation et d’action sociale, de recherche et de développement économique. Une ville où il fait bon vivre et qui a gardé son magnifique cadre de vie.
Tel est notre héritage : nous espérons sincèrement que la nouvelle majorité aura l’ambition et surtout le talent nécessaires pour le mettre en valeur et le renforcer encore au service de tous les Namurois.
30 ans … et pour la première fois dans l’histoire de la ville, le PS sera dans l’opposition. Il le sera par le jeu normal de la démocratie. Cela dit, il représente toujours aujourd’hui le principal parti – et de loin - de notre Ville. Plus de 19.000 de nos concitoyens lui ont fait confiance le 8 octobre dernier. Cela ne vous aura pas échappé, nous serons 15 conseillers, particulièrement motivés à l’idée de les représenter au mieux.
Il sera, et cela vous touchera plus particulièrement, j’en suis sûre, le plus grand groupe politique de ce Conseil.
Vous aurez donc la chance d’avoir une opposition forte. Une chance, si vous avez bonne mémoire, que nous n’avons pas toujours eue.
Nous sommes sûrs, Monsieur le Bourgmestre, à vous avoir lu dans la presse, que vous veillerez au partage de l’information, que vous serez particulièrement attentif à apporter un soin extrême à la consultation la plus large autour de vos projets… et bien sûr, d’abord et aussi, auprès de votre propre opposition politique au travers du travail dans les commissions.
Vous jouerez ainsi simplement, mais réellement, le jeu des institutions.
Vous avez fait naître des espoirs.
Il s’agit bien sûr de les traduire dans la réalité que nous vivrons ensemble pendant six ans.
De notre côté, nous souhaitons poser dès ce soir les jalons d’une opposition constructive, respectueuse des hommes et des femmes de bonne volonté qui semblent composer votre Collège et, plus encore, respectueuse des institutions et de l’image que nous voulons donner de Namur.
Une opposition a son rôle à jouer. La nôtre sera critique, capable de soutenir les projets qui nous parlerons en terme de bien commun et de bien-être pour les Namuroises et les Namurois.
Une opposition sans faille, permanente, systématique.
Croyez bien que notre état d’esprit est aujourd’hui apaisé.
Nous sommes entièrement tendus vers les défis qui nous attendent tous.
Car nous nous sentons aussi responsables de dégager ensemble au cœur d’un débat démocratique et intelligent, les meilleures solutions possibles pour la Ville, ses fonctionnaires et ses citoyens.
Ce ne seront pas toujours vos solutions, ce seront parfois des compromis.
Nous comptons utiliser le droit d’amendement et le travail particulièrement important en commission pour vous convaincre, pour vous prouver et pour rassurer les Namurois sur notre capacité collective de forger les réponses les plus adaptées, les plus équilibrées, les mieux documentées et les mieux formulées pour vous, pour nous, pour tous nos concitoyens.
Il nous faut avec vous faire confiance à l’intelligence collective.
Monsieur le Bourgmestre, nous pensons pourtant que si vous parvenez à faire la difficile synthèse des avis de votre très large coalition, l’effort ne sera dès lors plus très grand pour y intégrer les propositions de votre opposition...
Ce que nous vous proposons, Monsieur le Bourgmestre, c’est de vivre ensemble sous votre douce férule, l’exaltante expérience du travail collectif qui, nous semble-t-il, devrait pouvoir vous agréer.
Oui, quand vos projets nous parlerons.
Oui, quand ils valoriseront le potentiel extraordinaire de notre cité mosane.
Oui, quand vous écouterez nos propositions et que vous nous respecterez.
Oui, quand il s’agira de l’intérêt général sans bafouer l’intérêt particulier.
Oui, alors vous pourrez toujours compter sur le Parti Socialiste pour vous aider à veiller au bien-être des Namurois.
Pour vrai, vous êtes, comme disent nos cousins québécois, Monsieur le Bourgmestre : un « chanceux »
Pour peu, je vous envierais.
Quelques interrogations viennent pourtant troubler ma joie de jeune Conseillère. Deux ou trois choses viennent déjà perturber ces espoirs.
L’expérience de la bipartite pendant 30 ans, nous a appris combien c’est déjà un défi de s’entendre à deux, de faire naître la confiance dans un couple et surtout de la maintenir au cours de 6 années.
Monsieur le Bourgmestre, je n’ai pas encore trouvé, dans mon petit dictionnaire, de mots assez forts pour résumer l’ensemble des qualités dont vous devrez faire preuve pour faire ménage à trois.
Vous pouvez bien sûr, au terme d’excellentes réunions conviviales de travail, pour vous changer les idées, vous promener dans les couloirs, écouter des consultants et des auditeurs, étudier sérieusement vos futurs projets, vous dire combien il reste du pain sur la planche.
Vous pourrez aussi vous promener en rue. Vous pourrez et devrez écouter les Namuroises et Namurois, pas uniquement les présidents des associations ou d’éminents penseurs. Mais aussi aller dans les quartiers, comme le groupe socialiste du Collège précédent a su le faire pour chacune des anciennes entités de notre ville.
Oui, vous négocierez sans doute beaucoup avec vos partenaires de la majorité. Et nous avons appris dans la presse que vous pensez faire de longs inventaires sans concessions et vous donner le temps d’écouter beaucoup.
Tant mieux pour nous.
Mais attention. Les échéances nous interpellent déjà.
Vous connaissez, bien évidemment, la situation financière des communes wallonnes en général et vous savez que Namur n’échappe pas à cette dure réalité.
La ville vous imposera son rythme, Monsieur le Bourgmestre. Votre majorité n’arrangera rien et votre opposition n’entend pas être muselée dans des débats organisés sous le signe de la crise et de l’urgence.
Le budget de la ville était au cœur de nos préoccupations depuis des années. Il vous faudra tenir solidement la barre pour, à votre tour, réussir ce difficile travail d’équilibriste.
Vous mettrez sans doute plus de temps que jamais dans la négociation préalable entre partenaires si différents. Ne perdez donc pas une minute. Les besoins de financement du CPAS et de la ville vous appellent déjà à agir vite.
La gestion du calendrier sera d’autant plus importante que vous avez fait le choix de poursuivre en même temps que la prise en charge de notre ville, vos très riches activités parlementaires.
Pardonnez, Monsieur le Bourgmestre, ce ton fort sérieux pour un jour d’intronisation. Sachez, pour terminer, qu’à l’inverse, il y a des choses qui me réconfortent.
Me voici dans un groupe de 15 conseillers passionnés par leur ville.
Voici notre groupe redevenu célibataire. Nous sommes maîtres de notre temps. Ouverts à toutes les opportunités pour l’avenir.
Seuls, cela nous dégagera surtout du temps pour travailler plus, pour vous consacrer toutes nos forces et peut-être vous faire regretter par la cohésion et l’ardeur de notre travail, de temps à autre, la vie particulière de l’opposition.
Une chose importante, pour terminer, Monsieur le Bourgmestre, et pour vous tous, mes collègues membres du Conseil communal de la ville de Namur. Nous nous dirons les choses. Je l’espère parfois avec humour… ce qui déridera selon les cas nos fidèles spectateurs du Conseil communal et nos amis journalistes. Comme vous venez de l’entendre - je l’espère, avec un esprit constructif et avec fair-play. Nous serons particulièrement vigilants à l’image que nous nous devons tous de donner de Namur, Capitale de la wallonnie, tant à l’ensemble de nos partenaires institutionnels qu’à la population.
Monsieur le Bourgmestre, nous savons ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas.
Il reste à faire découvrir ce que vous pourrez accomplir.
Il vous revient de donner le ton, de donner le cap en sachant que nous sommes tous, en fin de compte, sur le même bateau.
Nous vous souhaitons bonne chance, nous souhaitons bonne chance à chacune des composantes de votre majorité. Car vous souhaiter plus de chance encore à l’avenir, c’est aussi en souhaiter à l’ensemble des citoyens namurois.
Je vous remercie tous pour la qualité de votre écoute.